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***

 

 

 

 

Les temps de mon enfance, en pointillé j’ai pensé qu’il était bon d’aimer la vie. Plus tard, princesse, j’ai appris que cela n’était rien, aimer la vie. J’ai appris que, pour le soleil, il faut aimer toute la vie.

billyname on 2.12.06 08:46


tu disais

ensemble

ou plutôt

tu ne disais rien

je regardais

tes mains énervées

et

je disais

rien

ensemble

je ne sais plus

ce que nous

étions

ensemble

 

 

Ta chambre se tenait arrogante – la mienne vide devenue la fucking one – la nôtre : petite. Les cieux alentour alors ont fermé leur gueule et le ciel, bleu pâle. Alors, les cieux limpides ou tes yeux – une chose véritablement claire en ce truc – je n’ai vu là que ton sexe noire et écarlate béant comme j’avais très mal.

Je ramassais mes affaires dans la chambre, mes disques et tout, l’ordi et tout et mes pauvres vêtements. Dans la cuisine, tu as dit aussi : « Le vaisselier est à toi ». Dans le séjour, tu as parlé du canapé, de la télé et d’une armoire normande.

J’ai trouvé ça assez dommage que l’on évite la salle de bain et le gant de toilette, le gel douche et ta brosse à dents – mais le ciel était bleu pâle et j’avais envie de pleurer.

Je savais qu’il nous aurait été impossible de nous départager notre gant de toilette et je savais que tu n’aurais jamais pu dire : « Ceci est ma sexualité ». J’aurais vu un peu ta brosse à dents dans le ciel écarlate et j’aurais souri en pleurant en voyant tes dents chacune les miennes.

Nous avons pris ensemble ce petit-déjeuner sournois.

 

 

tu disais ensemble

tu ne disais rien

nous avions tort

nous étions seuls

 

 

 

 

 

 

billyname on 30.11.06 07:32


Je dormais des rêves pâles je crois dimanche dans la soirée avec la télé qui tournait des séries américaines HBO et cette nuit était la dernière de toutes. Des rêves indistincts (je cumulais cocaïne, alcool, morphine et fatigue), ils étaient des rêves blancs et gris. Mon cœur tremblait si fort et mon désespoir était tel qu’en tombant, j’ai été convaincu de ne plus jamais rien embrasser le monde disparu.

 

 

 

La vie prend un sens particulier chez les malades fin de course, chez les suicidaires et chez tous ceux qui sont condamnés à leur mort.

 

 

 

Un visage, des teintes jaunes d’abord, puis deux visages blonds et un visage souriant et sont apparus les sourires aimables, puis l’amour.

 

 

 

J’ai rêvé notre amour et tes paroles frôlant mon torse et j’ai rêvé tes doigts courant mes lèvres et les dessinant roses.

 

  Certes, ton apparence changeait et vous étiez en vrai plusieurs, mais ton rire m’enchantait tant et ta chaleur me rendait la vie !

 

billyname on 14.11.06 04:09


Le lendemain lundi tôt, je me suis réveillé dans un bosquet derrière le parking d’un motel. J’avais les idées claires quand j’étais bien incapable d’articuler un son. Mes idées super-claires ont entr’aperçu le visage blond de mes rêves, puis ont su que j’étais une sorte de primate, ou un snake. Aussi, j’avais super froid.

 

 

 

 

 

 

 

Le samedi, on avait joué au Crosley Field à Cincinnati. C’est là que j’ai perdu conscience en marchant sur le public. Je marchais porté Veau d’Or en string rose et peau de tigre véritable sur les épaules, quand j’ai vu le Christ à mes côtés, pas de bourrée sur les eaux. Le mec Christ avait une classe infinie. Il effleurait la foule, imitait le John Barry 67 à la coule ; il était quelques centimètres au-dessus du monde, infini, classe. Moi, je sentais mes gars qui agrippaient mes talons et me retenaient par le cul chaque fois que je perdais l’équilibre, et je sentais des ongles dans la chair de mes orteils.

 

Alors, j’ai vu danser connard Christ et ai perdu conscience.

 

 

 

Je suis revenu à moi une première fois dans les backstages, puis quelques autres fois dans le tour-bus et at least once at the motel. Chaque œil ouvert, j’ai repris des drogues et me suis promis de mourir. C’était une vague promesse, mais j’avais pris très cher en manque de sommeil et en trucs désastreux – ça pouvait marcher.

 

 

 

Mon coma a été gris pâle et indolore. Sans doute, avant de tomber dans les arbustes qui bordaient le parking du motel, ai-je insulté mon équipe et menacé le monde de ma disparition. Sans doute, ai-je pensé à ma mère et prononcé plusieurs fois les mots « salope » et « Adolf Hitler ».

 

 

 

Prostré dans ma niche, étourdi et vaincu – lacéré par les plantes de la Nature – des lumières m’ont dit le visage de J. et celui de E., alors, celui de S. et Louise souriante, alors : des mains et des rires, puis des mondes tellement accueillants.

 

 

 

OK oui, je n’ai pas vu Jésus pigner sa race, mais à ce moment-là, mon monde était bien plus beau que le sien, fucker.

 

 

 

Tout a disparu très vite avec la rosée et je suis resté désorienté une sorte de long moment et j’avais vraiment froid. En pleurant plus tard dans la journée, j’ai revu les teintes blondes, blanches et roses de mon rêve. Je me suis alors enveloppé un peu plus dans les couvertures et ai pleuré encore ce monde perdu.

billyname on 14.11.06 07:07


j’ai repris mes esprits

dans la chambre fait un tour

mon pauvre Jean-Louis

débarrasse-nous de cette gourde

laisse tomber elle m’a dit

tu n’es plus de mon ressort

l’escalade c’est bien joli mais…

 

j’ai dit et les embruns

c’étaient pourquoi petite

pourquoi au matin

c’est le diable qui invite

 

laisse tomber

elle m’a dit

allez ouste !

 

l’enfilade c’est bien joli

mais…

 

 

 

amour madelon mais pourquoi tu ricanes

c’est quoi ton vrai nom

que je te crève

pauvre malade

 

laisse tomber...

 

...l’enfilade c’est bien joli

 

 

 

j’ai dit hé amour

pourquoi le rêve passe

mauser

beretta

voilà donc les seuls camarades

laisse tomber elle m’a dit

tu me files les pétoches

 

redeviens léger léger

c’est en plumes que je t’adore

laisse tomber mon ami c’est en plumes que je

 

billyname on 12.11.06 15:23


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